Articles from décembre 2015



Conférence Marie-Rose MORO

Discours de présentation de Sylvie Voisin:

Ça y est ,on y est.

Tout d’abord je voudrais remercier la ville de Limoges, et la Bibliothèque Francophone Multimédia  pour accueillir une nouvelle fois l’association Cultures Maghreb Limousin. Merci Claire Soubranne pour ce partenariat qui perdure si bien, mais aussi pour la grande qualité de programmation au sein de cette si belle bibliothèque.

Que de belles personnes avons nous vu en 2015, il y a eu le mois berbère, femmes de la diversité, créatrices de beauté, avec Marie Virolle et les éditions Marsa, le festival du film d’ici et d’ailleurs

C’est avec une grande émotion, un plaisir énorme et un très grand honneur, que nous accueillons Marie Rose MORO, ici place Aimé Césaire.

Comment vous la présenter. Elle est psychiatre pour enfant et adolescents, psychanalyste, chef de file de la psychiatrie transculturelle en France, directrice de la maison de Solenn à Paris, chef de service à l’hôpital Avicenne. La liste est impressionnante, il vaut mieux aller sur son site.

Elle est aussi écrivaine, elle a écrit avec Claire Mestre Vivre c’est résister, texte pour Germaine Tillon et Aimé Césaire entre autres.

Mais elle est plus que cela. Pour moi c’est une sorte de serrurière, car elle permet d’ouvrir une multitude de portes sur les chemins de la pensée, pas d’une pensée unique, une pensée métissée, multiple, psychologique, historique, anthropologique, linguistique, philosophique, artistique, pour nous amener à la rencontre de l’autre, c’est à nous de trouver notre propre chemin. Elle n’a de cesse de transmettre, de chercher,

Elle a cette faculté de rendre compréhensibles pour tous,  des choses compliquées. J’ai eu la chance de faire un diplôme Universitaire, psychiatrie et compétences transculturelle , crée par Marie Rose. On se sent accueilli, grandi, enrichi, qui que nous soyons.

Ces mots donnent ou redonnent confiance en soi, nous engagent, nous poussent à aller plus loin.

Elle nous donne la force de ne pas se résigner, elle nous pousse à inventer, à créer, à résister face à toute forme d’exclusion, de division.  C’est une ambassadrice de l’humanisme, de la bienveillance, de la tolérance, du féminisme c’est vraiment une très grande dame, une vraie belle personne, envers qui je me sens redevable.

Merci d’avoir accepté notre invitation, Marie Rose, maintenant faisons du beau et du bon avec nos différences.

 

Voilà un an , alors que nous avions organisé le mois Berbère, que nous avions pris date avec Marie Rose Moro .

Mais il s’est aussi passé des terribles événements, partout dans le monde, que de morts, que de traumatismes, que de murs dressés, que d’amalgames, que de rejet de l’autre. La peur, la méconnaissance, le repli sur soi , ne font que renforcer les extrémistes de tout bord. perdent de vue la question des valeurs et, voulant unifier. Ils plantent les germes d’une division profonde entre Français.

 

 

La conférence de Marie Rose à la BFM

 

Soirée amicale autour de Marie Rose:

 


Le 29/01 magnifiques conférences de Marie Rose Moro à Limoges organisées par l’association Cultures Maghreb Limousin et l’ALSEA..
« Accueillir, soigner, éduquer les enfants de migrants et se soucier des familles quelles qu’elles soient, et d’où qu’elles viennent. »
Un vrai succès, presque 600 personnes étaient présentes.
La veille, à la Bibliothèque Francophone Multimédia, magnifique endroit, Marie Rose Moro a parlé devant 120 personnes de: « Faire du bon avec nos différences », là encore c’était super. Un grand merci à cette ambassadrice de l’humanisme.

Texte de présentation du film accompagnant cette conférence:

Une belle aventure Petites et grandes rencontres avec les parents,dans une classe de petite et moyenne section à l’école de La Bastide à Limoges 2014_2015

«Ouvrir l’école sur les langues, les mondes, aux parents, ça fait du bien aux enfants et aux adultes,aux parents et aux enseignants et ça rend l’école plus gaie et meilleure.»Tel est le mot que le Professeure Marie Rose Moro a écrit en introduction au petit film «Petites et grandes rencontres avec les parents», projet mené par une enseignante et une éducatrice spécialisée .La rencontre, entre le monde de l’école et le monde de la maison est parfois difficile. Il peut y avoir des raidissements de part et d’autre, des incompréhensions, une relation de méfiance, une histoire personnelle difficile avec l’école, la peur d’être jugé, de ne pas pouvoir ni être compris, ni comprendre.Comment passer outre les à priori, ouvrir les murs, faire que la rencontre soit possible, et positive pour tous.C’est donc l’histoire d’une aventure dans une classe de petite et moyenne section, dans un quartier de Limoges, «La Bastide», située en zone REP+, que nous allons vous conter sous une forme de recette «métissable» et surtout pas immuable.Chacun était invité à entrer dans la classe, à s’inscrire sur le planning, pour ces petits moments de rencontres, le vendredi matin, autour d’un café, un thé, afin de mieux se connaitre et prolonger les échanges avec les enfants.Des mamans sont venues, parfois avec leur bébé, des papas, un grand père, certains sont revenus.Tous les parents ont participé à ces moments. Des photos et un film ont été faits et montrés aux parents en fin d’année scolaire, chacun est reparti avec le DVD.Donner la place à toutes les langues, prendre en compte les langues parlées ou comprises à la maison, la (les) langue(s) des grands parents, souvent restés aux pays.Faire le tour des pays, villes, villages d’origine, les situer sur la carte, sur le globe, mettre une gommette, écrire les noms.Laisser les mondes se mélanger, les mots se métisser, les écritures, les musiques et les histoires sera conter. Les mots des uns utilisés par d’autres. Chanter dans plusieurs langues.Ecouter l’autre parler de sa singularité donne envie de parler de la sienne.Parler de la signification des prénoms, apporter quelque chose de là bas ou d’ici, dans un esprit d’altérité, de partage, d’échanges de savoirs, et de plaisirs partagés entre tous, enfants, parents,intervenant, enseignant, personnel de l’école en toute confiance.Valoriser les savoirs familiaux pour permettre la transmission et la construction d’une alliance.Se sentir à l’aise dans l’antre de l’école. Pas de programme établi au départ, se laisser porter par ces rencontres étonnantes.Accepter le savoir de l’autre, accepter qu’il nous surprenne, nous enrichisse.Favoriser la légitimité de la famille.Ce qui a changé progressivement:Des parents de plus en plus impliqués dans la vie de la classe, pour accompagner lors des sorties…Certains se sont inscrits à la bibliothèque du quartier.Petit à petit, les mamans venaient de plus en plus belles, plus élégantes, plus souriantes, parfois à la grande surprise des autres enseignants de l’école. On pouvait voir la fierté des enfants et de tous les adultes d’être là. Des enfants presque mutiques à l’école, se sont mis à parler.Il régnait dans cette classe une sorte de vent de liberté, mais aussi une certaine complicité entre les enfants entre eux, entre les enfants et leurs parents présents, entre les parents et l’enseignante, entre les parents .Les dessins des enfants sont devenus de plus en plus riches.Des parents ont été désireux d’entrer dans la langue de l’école, demandant à l’enseignante si elle pouvait leur apprendre à écrire et à lire le français.La rentrée suivante, une maman a été élue déléguée des parents et a proposé de faire la médiation pour un enfant en difficulté. Elle fût très émue de savoir qu’on allait voter pour elle.L’école est aujourd’hui vécue comme lieu de ressource et de médiation entre les services de PMI,de l’hôpital, pour informer, expliquer ce qui n’avait pas était compris ailleurs.Ces petits moments ont permis de vivre un moment privilégié et de complicité avec son enfant.Il y avait un réel intérêt pour les récits, les mots, les objets des autres. Preuve que l’on peut s’enrichir ensemble, loin de toute idée de communautarisme.Des enfants qui viennent avec plaisir à l’école, des parents impliqués et respectueux, oui c’est possible, la fierté des uns rebondit sur celle des autres.Prendre en compte la singularité, la dignité et la légitimité de chacun, le vivre ensemble pour construire cet espace commun qu’est la classe et l’école métissée.Faire l’hypothèse qu’une telle action soit une des préventions contre l’échec ou le décrochage scolaire.Laisser la possibilité au«je» de devenir nous. N’est-ce pas là la notion même de la laïcité?Faire en sorte que la diversité culturelle, linguistique, sociale soit une chance et une richesse pour tous. «Faire le détours de «l’ailleurs» permet de mieux comprendre «l’ici», et s’ouvrir à la singularité de chacun et au bénéfice de tous » (1).Nadine Griffon, enseignante, nadine.griffon@orange.frSylvie Voisin , Educatrice Spécialisée, intervenante bénévole, DIU Psychiatrie et compétences transculturelles Paris 2014 sylvie.voisin87@gmail.com(1) Marie Rose Moro, « Refuser cette peur de l’autre qui infiltre les cours d’école comme elle habite le champ social», Reliance 2008/1 (n°27) Éditeur Eres, pages 18-22)

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